Immobilier
Des biens vendus avant leur mise aux enchères : pourquoi les vendeurs ont accepté
Des vendeurs parisiens ont opté pour des transactions privées avant les ventes aux enchères prévues ce mois de juillet, afin de sécuriser leurs prix sans risquer l'absence d'offres.
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Au moins quatre appartements mis aux enchères à Paris ont fait l'objet d'accords amiables dans la dernière semaine précédant leurs dates de vente de juillet, les vendeurs ayant accepté des offres inférieures de 8 à 12 % aux prix de réserve initiaux pour s'épargner l'incertitude des salles des ventes.
Cette tendance s'est dessinée alors que les taux d'intérêt se maintiennent aux alentours de 3,5 % et que les acheteurs jonglent entre les congés estivaux et la nécessité de conclure rapidement. Les vendeurs ont invoqué leur préférence pour un produit garanti plutôt que la perspective d'un prix de marteau plus élevé qui pourrait ne jamais se concrétiser si l'affluence restait faible.
Des transactions conclues à proximité de sites emblématiques
Un deux-pièces situé rue de l'Arbre-Sec dans le 1er arrondissement a été vendu trois jours avant sa mise en vente à l'Hôtel Drouot, après que le propriétaire a accepté une offre au comptant d'une famille locale quittant la banlieue pour s'installer à Paris. Un autre bien, boulevard de Belleville dans le 20e arrondissement, a également été cédé à l'amiable, le vendeur, un couple de personnes âgées cherchant à réduire leur surface, ayant signé avec un acquéreur présenté par le notaire en charge de la succession. Ces deux transactions ont évité les frais habituels de 5 % liés aux enchères et ont abouti à des signatures dans un délai de 30 jours.
Ces adresses se trouvent dans des zones déjà influencées par les extensions du Grand Paris Express, où les améliorations du réseau de transport ont suscité un regain d'intérêt de la part des familles écartées des arrondissements centraux par les prix. Les professionnels de l'immobilier ont observé que les négociations pré-enchères se sont accélérées dès la publication, le mois dernier, du calendrier des travaux du métro à l'horizon 2027.
Les chiffres du marché confirment la progression des ventes anticipées
Selon les données consolidées par la Chambre des notaires de Paris jusqu'en juin, le prix moyen s'établit à 10 200 euros le mètre carré, avec les huit premiers arrondissements au-dessus de 13 000 euros et les 9e, 10e et 11e arrondissements affichant en moyenne 9 800 euros sur une offre en hausse. Les ventes amiables réalisées avant enchère ont représenté 18 % de l'ensemble des transactions résidentielles enregistrées au deuxième trimestre, contre 12 % un an plus tôt. Un immeuble rue Oberkampf dans le 11e arrondissement a ainsi changé de mains à l'amiable pour 11 400 euros le mètre carré, après que le vendeur a refusé une mise à prix jugée trop basse par le commissaire-priseur désigné par le tribunal.
Les acheteurs et vendeurs envisageant une prochaine transaction sont invités à contacter leur notaire au moins dix jours avant toute date de vente aux enchères annoncée, afin d'explorer les possibilités de cession amiable. Une prise de contact anticipée avec les agences locales situées le long des nouveaux corridors du métro permet de disposer de références de ventes récentes comparables et d'établir des attentes réalistes pour les deux parties, avant la prochaine vague de mises en vente prévue en septembre.